15 avril 2020

Lettre ouverte d'un architecte au Maire de Gérardmer


Il y a quelques semaines, Bertrand VERGUIN, 62 ans, architecte DPLG, nous contactait pour rejoindre l’association. Il possède une résidence secondaire à Gérardmer, maison familiale dans laquelle il emménagera définitivement dans quelques mois pour y savourer sa retraite.

Depuis plus de 20 ans, cet architecte travaille pour un grand groupe international et parcourt le monde.

De 2008 à 2016, il a été adjoint au maire de Saint-Nom-La-Bretèche, dans les Yvelines, chargé de l’urbanisme. A ce titre, il a participé à la révision du PLU.

Son fils Raphaël, 30 ans, architecte DPLG lui aussi, nous a rejoint il y a peu. Il représente la jeune génération d’architectes sensibles à la préservation de l’environnement.

Tous deux ont constaté que la ville qu’ils connaissent depuis toujours a bien changé, et pas forcément dans le bon sens. Inquiet de l’urbanisation anarchique de la ville, Bertrand a envoyé une lettre ouverte au Maire de Gérardmer, en date du 31 mars 2020. La voici.


Anne, Jacques et Jean Claude.



Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Gérardmer


Monsieur,


Voici plus de trente ans que je suis Gérômois d’adoption et aime cette ville et bien entendu la nature merveilleuse qui la reçoit et l’abrite, aussi vos récentes déclarations quant à l’impuissance des élus locaux face au développement de l’urbanisation à Gérardmer méritent un correctif sévère.


En effet, vous ne pouvezvous défausser sur le législateur car vous avez les moyens de réguler la constructibilité en usant des moyens que procure le PLU, parmi ceux-ci, la notion d’intégration au paysage qui est clairement stipulée dans le règlement du PLU. Article 11UL aspect extérieur.


Je m’exprime en tant qu’architecte DPLG, ayant assumé la fonction d’adjoint à l’urbanisme de la commune de Saint Nom la Bretèche et à ce titre procédé à une révision du PLU local.

Ainsi permettez-moi de souligner que le programme de la route de La Droite du Lac, outre les problèmes de sécurité qu’il pose, ne peut en aucun cas être considéré comme « intégré » au paysage. Il en va de même du programme « Perce neige » qui non seulement défigure le site, mais induit un changement d’échelle du bâti qui est inacceptable.


Si je ne m’oppose pas à la construction, je maintiens que celle-ci doit se faire de manière harmonieuse en préservant l’environnement, c’est la responsabilité des architectes, mais également des maîtres d’ouvrage et enfin de la vôtre.

Je suis assez surpris que mon confrère des bâtiments de France ne soit pas plus exigeant quant à la qualité architecturale des projets soumis à votre acceptation. A cet égard, je n’exclus pas de m’entretenir avec lui à ce sujet et d’alerter le conseil de l’ordre.

Je connais quelles peuvent être les pressions émanant des promoteurs dont le but principal est de maximiser leurs gains, faisant également le bonheur de propriétaires terriens, affairistes s’il en est, sans vouloir l’admettre, peu soucieux du bien commun.

Si je me permets de vous écrire, c’est que la situation est grave. Comment retenir à Gérardmer, de jeunes couples qui ne peuvent se loger ? Comment développer des activités productrices d’emploi si les acteurs de ce développement sont absents ?

Il est urgent que vous preniez une position claire et ferme et, si vous le souhaitez, je me tiens à votre disposition pour aller plus loin dans cette analyse, la culture de l’environnement dans ses différents aspects n’étant pas vraiment enseignée dans nos écoles !


Le courage politique consiste à savoir faire preuve de discernement et dire « non » quand les limites du bien commun sont franchies, et c’est le cas aujourd’hui.


Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.


Bertrand Verguin

Architecte DPLG

 

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