5 août 2020

L'eau, une richesse à préserver


Le pays est touché par une sécheresse exceptionnelle, consécutive à trois étés extrêmement chauds et secs, et à une pluviométrie printanière déficiente.


Gérardmer n’est pas épargnée : un arrêté municipal est venu soutenir l’arrêté préfectoral du 31 juillet, demandant à chacun, individuel ou professionnel, de limiter strictement sa consommation aux besoins élémentaires, au risque d’avoir à puiser rapidement dans la « réserve » qu’est le lac.

Notre ville connait chaque été une explosion démographique toujours plus dense.

Un phénomène qui s’aggrave avec des  constructions toujours plus nombreuses, qui, outre le fait qu’elles imperméabilisent les sols et suppriment les avantages de la végétalisation (consolidation des sols, maintien d’une humidité, régulation des températures…) amènent à une surconsommation d’eau qui ne fait qu’aggraver le déficit estival climatique ; qui plus est lorsqu’elles sont équipées de bains collectifs dont l’eau (1500 litres en moyenne) est à renouveler chaque semaine.

Nous oublions souvent que l’eau est un précieux trésor, et croyons à tort que l’on peut la dompter, ou que le robinet est intarissable.

Levons les yeux vers nos forêts rougies, nos prés brûlés, nous constaterons facilement le manque. C’en est insupportable…

Cette semaine, nous invitons un couple membre de l’association à nous parler de ce sujet d’actualité, et des dangers du terrassement anarchique, car les deux sont souvent liés… pour le pire. Un débat sera par ailleurs lancé lors de notre prochaine réunion en septembre.



« Pour compléter tous les sujets abordés, nous souhaiterions vous faire part de nos réflexions marquées par nos professions de paysagiste et d’architecte. 

 

Les terrassements de terrain sont très mal encadrés par la loi, tant qu’il ne s’agit pas de projets d’exploitation. Cela est problématique sur tout le territoire français, mais cela l’est encore plus lorsque le territoire est montagneux, avec de fortes déclivités et des circulations d’eaux de surface et souterraines partout.


A Gerardmer, des propriétaires de terrain terrassent leurs propriétés dans une optique d’aménagement (aplanir un terrain, créer une terrasse...), mais sans prendre gare aux modifications hydrauliques que cela pourrait engendrer.


Si les cours d’eau aériens sont bien répertoriés et protégés, il n’en est pas de même pour les circulations souterraines et les fossés.
La suppression de fossés est une catastrophe (écologique bien sûr), mais hydraulique surtout.


Les modifications des circulations hydrauliques souterraines et des résurgences peuvent être dramatiques : on peut perdre une source, ou au contraire se retrouver avec une zone marécageuse, voire un jet d’eau dans son jardin, on peut observer un talus s’écrouler, on peut avoir du jour au lendemain un sous-sol en permanence humide, etc..


L’eau continuera à passer quoi qu’il en soit...


Et on s’étonne d’avoir des inondations de plus en plus violentes, des routes arrachées...
Le changement climatique n’est pas à l’origine de tout!!
Si on urbanise partout, si on imperméabilise les sols, si on supprime des fossés, si on modifie les circulations souterraines des eaux... ne nous étonnons pas des conséquences !


Les paysages humanisés se sont construits avec l’eau,  mais il faut en connaître les dangers et avoir du bon sens... Penser qu’on peut dominer l’eau est une illusion.



L’urbanisation doit donc se faire dans le respect des circulations hydrauliques aériennes, mais aussi souterraines, en prenant en compte les spécificités de chaque secteur ou en prenant des précautions très importantes avec des mesures compensatoires à mettre en place très rapidement si besoin.


Attention à la notion de terrain naturel.


Au-delà de cet aspect purement environnemental, nous tenions aussi à souligner que des terrains préalablement terrassés (avant le dépôt d’un permis d’aménager, pour la création d’un lotissement par exemple), ne permettaient plus de juger de l’intégration d’un projet architectural dans un « terrain naturel » comme cela est dit dans le PLU.
Une fois terrassé, le « terrain naturel » n’a plus rien de naturel, mais c’est pourtant bien ces nouveaux niveaux qui feront référence lors de l’instruction d’un permis de construire.


En conclusion, il nous semble que le territoire de Gérardmer devrait être beaucoup plus attentif aux travaux de terrassements qui défigurent le paysage, détruisent des systèmes hydrauliques, et mettent en danger les habitants."

Deux membres de l'association.

 

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