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Réunion publique du 10 janvier 2020

Vendredi soir, l’association Gérardmer Patrimoine Nature avait invité les Gérômois et leurs voisins à une réunion publique d’information sur la situation d’hyper-urbanisation de la Perle des Vosges et de ses environs. Pour cette nouvelle structure récemment créée et ses têtes pensantes, pas de doute, il y a urgence et cela passe par une réforme du PLU et l’application de la loi. Mais le sujet est ultra sensible,  touche parfois à des intérêts personnels et il sera forcément compliqué de contenter tout le monde…

Pour une première, on pourra se souvenir que Gérardmer Patrimoine Nature aura été victime de son succès avec une salle des Armes à peine assez grande pour accueillir un public venu en nombre pour assister à cette réunion animée par Jacques Valentin, Anne Huart et Jean-Claude Crouvezier. Un rapide tour d’horizon aura permis de constater que le sujet touche un maximum de citoyens et pas uniquement des Gérômois. De nombreux habitants du secteur avaient fait le déplacement, y compris des Bressauds qui tirent eux aussi la sonnette d’alarme car, selon leurs propres dires, nos voisins sont en train d’être confrontés aux mêmes problématiques. Certains étaient même venus avec quelques exemples et quelques leviers pour retarder des constructions jugées « litigieuses » ou « excessives » par des riverains notamment. Et cela tombait à point nommé car comme le précisait Jacques Valentin dans son intervention, l’un des objectifs de l’association est « Gérardmer à long terme » et cette première réunion avait pour objectif de faire appel à la population : « Nous ne prétendons pas tout savoir et avoir la science infuse sur le sujet. Nous posons le problème et vous pouvez nous aider, nous attendons vos propositions et vos solutions pour freiner l’urbanisation. (…) Nous avons également besoin de juristes pour nous aider dans notre démarche. »

Gérardmer open bar de l’immobilier

Le problème est posé et l’appel est lancé, sachant que l’association est claire dans son approche du sujet. Il faut agir vite car le constat est sans appel. Le point fait par le trio de Gérardmer Patrimoine Nature est relativement éloquent : pour résumer très succinctement et sans être exhaustif par rapport à l’état des lieux qui a été fait vendredi soir. On retiendra une loi ELAN et ALUR catastrophique, l’échec de l’AVAP et de la ZPPAUP malgré des intentions louables, ou encore la non application du CES (coefficient emprise au sol), des lois nationales inadaptées aux zones rurales et touristiques et un PLU trop permissif. Sans oublier des promoteurs immobiliers qui s’engouffrent dans la brèche, en l’absence d’une police de l’urbanisme efficace et un manque de contrôles de fin de chantier. Le cocktail a entraîné une sorte d’open bar de l’immobilier pour des dérives dénoncées par l’association.

Là encore, on ne citera pas tout, mais les animateurs de la soirée ont notamment mis en avant l’inflation dramatique du prix de l’immobilier et les conséquences sur l’accès à la propriété, notamment pour les jeunes qui souhaitent s’installer, le manque de logements décents destinés à la location à l’année, des services débordés en période de vacances estivales notamment, le manque de parkings, un parc immobilier qui se multiplie, un patrimoine et un paysage saccagés etc.

« La réforme du PLU est une priorité absolue »

Jacques Valentin rappelle que Gérardmer Patrimoine Nature existe avant tout pour trouver des solutions, et solutions il y a. Clairement, pour l’association, le salut passera notamment par une refonte du Plan Local d’Urbanisme, le fameux PLU qui, selon les sources des animateurs de la soirée, une nouvelle mouture serait possible dans un délai de 7 mois au minimum. Sur le sujet, certains ont regretté l’absence du maire Stessy Speissmann et le départ peut-être précoce de son adjoint au patrimoine bâti Jean-François Duval, mécontent de la tournure que prenait la réunion suite à une intervention de Michel Graiche relativement caustique à l’encontre de la municipalité. A l’évocation des élus majoritaires de la ville, l’association a exposé des exemples de communes qui ont pris des mesures efficaces et dont Gérardmer pourrait peut-être s’inspirer, à l’image de stations suisses ou alpines, ou encore de Clermont Ferrand et son « coefficient biotope » qui pourrait « faire » des petits par chez nous… A cette réforme du PLU et dans un futur bien plus proche, l’association souhaite que le CES et les réglementations  en vigueur soient appliquées/respectées, ce qui n’est actuellement pas le cas selon Gérardmer Patrimoine Nature… Bref, il y a du pain sur la planche pour cette association qui sera preneuse de toutes les bonnes volontés pour atteindre son objectif, à savoir « Gérardmer à long terme » avec une régulation de l’urbanisation. Affaire à suivre !


Article de Gérardmer Info du 11 janvier 2020. QG.



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